L’ossature bois

Les murs de la maison sont constitués d’une ossature en bois qui sera remplie de bottes de paille. À l’intérieur, ils seront enduits de terre (il s’agit de la finition intérieure). Ils sont contreventés sur la face extérieure par un voligeage à 45° qui sera ensuite recouvert d’un pare-pluie souple, puis d’un bardage.

Après avoir réalisé la dalle, nous avons posé une lisse d’ancrage. Elle permet de figer les côtes et de faciliter la pose des cadres d’ossature. Elle fait tout le tour de la dalle sur 18cm de largeur.

Les cadres d’ossature sont assemblés au sol, puis directement voligés (à 45° pour assurer le contreventement) avant d’être levés à la main et fixés.
Le levage nécessite d’être 2 à 5 personnes selon la taille des cadres qui peuvent être lourds.

Après avoir assemblé les murs du rez-de-chaussée, en avoir réglé l’aplomb et avoir chainé le tout avec une nouvelle lisse, nous nous sommes attaqués à la dalle d’étage.
Celle-ci est en tous points semblable à celle du RDC. Elle accueille ensuite les murs d’étage, réalisés de la même façon que décrit précédemment.

Le travail en hauteur est plus long. Il nécessite une bonne organisation pour monter et redescendre le matériel et les matériaux sans passer son temps sur une échelle.
La vigilance imposée par le travail en hauteur fatigue davantage aussi.

La mauvaise surprise

Lorsque nous avions construit l’atelier, le bois livré par la scierie était vraiment qualitatif. Nous n’avons donc pas hésité une seconde en choisissant cette même scierie pour notre maison, malgré un surcout de plus de 20% par rapport à la scierie avec laquelle travaille notre accompagnateur.

Cette fois, nous allons de déconvenue en déconvenue :
– nous avons réceptionné des voliges infestées de vrillettes, certaines comportant même des trous de capricornes
– les grosses pièces qui devaient être purgées d’aubier ne le sont pas, voire présentent du flash (de l’écorce !)
– la découpe est plus qu’approximative, notamment sur les grosses pièces. Par exemple, la poutre qui reprend la charge au-dessus de la fenêtre de la cuisine présente des « vagues » sur toute la longueur, avec 5-7mm de jeu.
– les côtes ont toutes bougé, nous obligeant à tout compenser et à être très vigilants pour éviter de répercuter des écarts qui peuvent ensuite causer de nombreux soucis. Sur ce point, une partie des écarts est lié au séchage du bois entre le moment de la coupe et sa mise en œuvre.

Nous avons demandé au scieur de refaire certains lots, mais avons été obligés de faire avec certains autres ce qui occasionne pas mal de stress.

Tout cela nous fait perdre beaucoup de temps en corrections, avant de mettre en œuvre dans certains cas. Dans d’autres, c’est au moment des finitions que nous seront embêtés : par exemple, la pose du plafond du RDC ne va pas être très marrante à faire puisque nous avons jusqu’à 1,5cm d’écart à compenser sous les solives pour avoir un plafond droit…

Ces problèmes nous ont également amenés à traiter l’ensemble du bois livré. Heureusement, il existe une alternative écologique, agréée par l’équivalent du CSTB en Suisse : le Woodbliss.
Ce traitement modifie la structure moléculaire du bois en surface et le rend non consommable pour les insectes xylophages. Il est efficace contre les vrillettes, les capricornes mais aussi contre les termites et les champignons lignivores. Sans insecticide et sans fongicide, il est non-toxique.

Son coût est élevé : 950€ les 20L de concentré, qui permettent de faire 80L de produit fini.
Nous aurons besoin d’au moins 40L de concentré en tout pour protéger l’ensemble du bois. Heureusement, nous avons trouvé un arrangement avec le scieur qui nous permet de minimiser le surcout. Cela ne nous empêche pas de perdre du temps mais ne pénalise pas notre budget global non plus.

la vrillette, c’est ce tout petit insecte noir au centre de la photo.

Si c’était à refaire

En lien direct avec cette expérience, nous ferions les choses un peu différemment si nous avions la possibilité de remonter le temps. Comme ce n’est pas prêt d’arriver, je vous partage nos réflexions qui peuvent tout simplement alimenter les vôtres !

Nous avons acheté du bois vert, sur recommandation de notre accompagnateur qui travaille ainsi par souci écologique (le séchage consomme de l’énergie et produit du CO2). Et ça nous allait très bien puisqu’il s’agit de notre préoccupation principale !

Cette démarche avait surpris, la pratique pour le bois d’ossature allant plutôt vers le bois séché qui présente l’avantage de s’être déjà rétracté et d’être donc plus stable. Comme notre accompagnateur a l’habitude de fonctionner ainsi, nous ne sommes pas inquiets de cet aspect.
Par contre, nous n’avions pas pensé à la protection que le séchage constitue contre les insectes xylophages… Un bois séché les intéresse beaucoup moins, puisque la plupart des espèces lui préfèrent l’aubier bien tendre et humide.
De plus, le séjour en four détruit les larves déjà présentes dans les pièces de bois, permettant ainsi de partir sur une base saine.
Enfin, travailler le bois séché aurait ménagé nos forces. Dans la quinzaine de tonnes de bois que nous avons déjà manipulé à la seule force de nos bras, nous avons bougé pas mal d’eau !

Concernant le contreventement, nous aurions aussi pu opter pour de l’Agepan. Nous lui avons préféré la volige, matériau brut dont on connait le cout environnemental, mais il est clair qu’au cours des dernières semaines nous nous sommes dit à plusieurs reprises que nous aurions peut-être du envisager cette autre option.

J’ai contacté l’entreprise qui fabrique l’Agepan, mais ils n’ont aucune donnée d’analyse cycle de vie pour ce produit… Mes recherches rapides ne m’ont pas non plus apporté de réponse du côté du RWH (que nous avons écarté à cause des formaldéhydes) et la base de données de l’Inies ne m’a pas apporté plus de réponses. Si vous en avez, n’hésitez pas à les poster en commentaire !

Je vous laisse avec quelques images supplémentaires des étapes « ossature bois ».


> Les voliges manquantes sont celles que nous avons retirées a posteriori à cause de la présence très importante de galeries d’insectes. Elles seront bien sûr remplacées.
> Les traces foncées sont celles du passage du Woodbliss, pas encore appliqué partout.

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