Jardin-forêt / le terrain

Précision préalable : nous ne sommes pas formateurs et n’avons fait aucune formation en permaculture ou autre. Nous nous sommes documentés, nous avons écouté de nombreuses personnes, et nous faisons ici simplement part de notre vision et de notre expérience au fur et à mesure de leur avancement. Ceci impliquera forcément des ratés à certains moments, et comme dans toute démarche permaculturelle, des adaptations et réévaluations continues.

Avant de vous parler de notre travail sur place, il nous semble nécessaire de vous présenter le site. En permaculture comme ailleurs, la réponse doit être apportée selon le contexte.

Ce terrain est une prairie depuis plusieurs décennies, en lisière de forêt, dans un tout petit hameau qui aujourd’hui composé de 5 habitations.
D’une surface de 5500m2, cette prairie est située sur la crête d’une colline (environ 400m d’altitude), sur le versant Nord si on peut dire, au sein du Périgord Noir. Elle est toute en longueur, dans un sens Nord-Ouest > Sud-Est.
La zone constructible du terrain est située sur la partie haute, au Nord-Ouest, et couvre 1200m2. Comme la maison n’est pas encore là, il nous faut projeter nos futures déambulations et habitudes de vie pour imaginer au mieux notre potager, puis notre jardin-forêt.

carte au 1/1000 en vue satellite représentant le terrain, l'emplacement des 2 futures constructions, l'emplacement du cabanon de jardin et les courbes de topographie. Le terrain est délimité par des arbres, et toute la partie droite de l'image est constituée de forêt. la partie gauche est une prairie voisine. On distingue les 20 arbres du verger.

Le climat

Ces 2 dernières années passées à observer le terrain nous ont beaucoup appris sur les vents dominants, l’ensoleillement en toute saison, le parcours de l’eau lors des grosses pluies hivernales.

Le terrain est protégé du vent par de grands arbres et des arbustes sur presque toute la partie Nord, sauf au niveau du potager et des constructions ! C’est bien dommage car le vent représente une perte énergétique et hydrique importante pour les plantes. Nous avons planté cette année une haie de petits fruits rouges, ainsi que 3 fruitiers qui viendront compléter un jour la protection au vent au niveau du potager.

Ce coin de Dordogne, et donc le terrain, est très humide en automne et carrément détrempé en hiver notamment du fait de la présence d’argiles.
Sur le terrain, l’ensoleillement est faible de mi-octobre à mi-avril, car les chênes sur la limite Sud sont hauts et ne perdent leurs dernières feuilles qu’au printemps, lorsque les bougeons foliaires les poussent (ce phénomène se nomme la marcescence et est très courant dans la famille des fagacées, dont les chênes font partie).
Quand le printemps avance, on note une grosse différence d’humidité du sol selon les zones dans lesquelles on se trouve. La terre reste lourde et grasse assez longtemps.
À l’été, le sol sèche en surface et se fait dur comme de la pierre. Y planter un piquet devient alors une mission titanesque ! Une raison supplémentaire de pailler et d’installer ici une forêt comestible, puisque l’ombre des arbres limitera ce phénomène d’assèchement.

La terre

Ce sol, nous l’observons depuis maintenant 2 années entières. Nous avons été attentifs à son comportement au fil des saisons.
Nous n’avons pu que constater la forte présence d’argile dans nos différents prélèvements, avec toutefois des compositions très variables selon les sites de prélèvement, pourtant à juste quelques mètres les uns des autres. Lorsque nous avons creusé les trous pour planter des arbres à l’hiver 2019, la différence d’un endroit à l’autre était flagrante : certains trous révélaient une terre meuble et humide, d’autres étaient clairement très argileux et certains autres avaient constamment 15cm d’eau au fond. La présence de silex en quantité, et parfois de calcaire, était également très variable.

Les tests en bocaux que nous avions réalisés à l’achat du terrain avaient révélé la présence plus importante de limons sur une partie du terrain. Il s’agit de celle que nous avons choisi pour commencer notre potager, pour cette raison et aussi pour son ensoleillement et sa proximité avec notre future habitation.

Les sols argileux sont réputés difficiles car très lourds. Ils sont pourtant d’une grande richesse !
Les techniques de permaculture et de forêt-jardin prennent tout leur sens dans ce contexte : en réfléchissant le design par strates, en utilisant les techniques adéquates d’amendement, et en positionnant au mieux les plantes selon leurs propriétés pour le sol, on se facilite le travail tout en augmentant la résilience du site.

photo prise au ras du sol, en macro, sur laquelle on voit une terre marron rouge bien grasse et de tout petits poireaux qui s'en échappent.

Les autres paramètres

Sur la moitié Est du terrain, il y a plusieurs pistes d’animaux. Elles sont très visibles puisqu’ils traversent dans le sens Sud > Nord et marquent les talus de façon significative. Nous avons choisi de ne rien planter à proximité, et de nous arrêter avant le premier passage même si nous avons bien conscience que notre simple présence a déjà bouleversé leurs habitudes.

Enfin, il est important de noter qu’il y a très peu de points d’eau alentours. Une petite mare au niveau du point de relevage d’un agriculteur à 400m de là, une souille à sangliers dans la prairie en contrebas…


Cette connaissance du site, et des alentours, nous paraît indispensable pour envisager un design cohérent et en adéquation avec notre objectif d’autonomie en légumes et fruits.

Nous croyons aux vertus de l’expérimentation, et même si de grands principes se dégagent, les retours d’expérience des uns et des autres semblent surtout montrer qu’en la matière il existe autant de façon de jardiner que de jardinier.es… Nous sommes bien équipés côté livres de perma / botanique / guildes, et nous piochons un peu dans tous lorsque nous cherchons une info.
Notre jardin est donc voué à évoluer selon nos contraintes -comme cette année où le confinement nous a obligés à prendre de gros raccourcis-, mais aussi selon sa propre volonté et les enseignements que nous aurons tiré des premiers tests.

Qui ne se plante pas, ne pousse jamais.

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