Équilibrer les forces

J’ai lu pas mal d’ouvrages sur le féminisme.
Vous en trouverez d’ailleurs certains sur la biblio du blog.
Alors forcément, de la même façon que je ne comprends l’absence de prise de conscience de mes concitoyens sur le lien entre leur consommation et les dérives du système économique qu’ils critiquent, eh bien je ne comprends pas que des écolo, des militants notamment, ne parviennent à faire le lien entre la condition des femmes (et je ne parle ici que de la France) et les dérives du système économique et social qu’ils pourfendent.

Le week-end dernier, j’ai participé au festival Climax à Bordeaux. La quatrième édition d’un bien bel événement qui allie musique et engagement. Cette année la thématique était la biodiversité, sous l’angle de la 6ème extinction. De nombreuses conférences et tables-rondes animées par des intervenants de qualité, une belle rythmique, bref le meilleur moment de l’année dans la Caserne Niel.

Il n’y avait qu’un hic.
Sur 43 intervenants dans les conférences, il n’y avait que 9 femmes.

J’en ai parlé aux organisateurs, et ils m’ont expliqué qu’ils avaient bien essayé, mais qu’une raison principale faisait qu’on en arrivait là : Les femmes auraient tendance à décliner plus facilement les invitations à ce type d’intervention.
Ce constat, Alexia Soyeux (réalisatrice du Podcast Présages et qui animera prochainement l’événement Femmes et environnement) le fait également lorsqu’elle sollicite des femmes pour réaliser ses interviews.

Jusque là, rien de nouveau sous le soleil. C’est un fait connu depuis de nombreuses années : les femmes ont généralement tendance à minimiser leur niveau de compétence, à se sentir insuffisamment qualifiées, là où les hommes sont généralement plus confiants.
Dans ce contexte de débat public fortement relayé, il n’est donc pas étonnant de constater une résistance plus forte de la part des femmes plébiscitées.

Tout ça pour en arriver où ? Eh bien à la responsabilité de chacun, qui est le point de départ de la responsabilité collective dans une société co-construite.
Sinon, oui, on peut légiférer et préférer déresponsabiliser les gens en leur imposant des lois ou des quotas…

J’ai entendu plus d’une fois des hommes, pourtant engagés dans la défense de nombreuses causes, se plaindre des remarques que certaines femmes font pour souligner l’absence de parité dans le débat public. D’aucuns trouvent même cela pénible.

Être une femme française, à qui on ne cesse de répéter que la révolution sexuelle a eu lieu, que nos mères se sont battues pour nos droits -entendant par là qu’ils sont déjà acquis pour la majorité de la population-, à qui l’on fait croire qu’elle a d’autres choix que de retourner travailler après avoir eu un bébé (allez voir le montant max du congé parental si vous n’avez pas idée), tout en lui rappelant que pour cette même raison elle sera toujours moins payée que ses collègues hommes, ça c’est pénible.

Évoluer dans un milieu écolo, transitionneur, qui veut présenter un autre modèle pour la société et la ville de demain, et dans le même temps qui juge sans cesse les femmes sur leur apparence, et uniquement sur cela, c’est pénible aussi.

Moi, j’aimerais rien que le temps d’une journée, savoir ce que ça fait d’être un homme blanc, en bonne santé, cultivé et sans souci d’argent.

J’en rêve depuis toute petite à vrai dire.

Je découvre les histoires de ces femmes qui ont pris des noms d’emprunt pour écrire, qui se sont grimées, se faisant ainsi passer pour des hommes. Je trouve cette solution de la masculinisation, tentante, et pourtant dommageable car elle renie une part de l’Être.

Sur terre, dans l’ensemble de cet éco-système complexe, le féminin et le masculin s’accordent. Sans l’un ou l’autre, le rythme de la vie n’est plus assuré. Et il n’est pas question ici que de reproduction bien sur.

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.
Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.
Simone de Beauvoir

En début de journée ce samedi, j’ai suivi la conférence « Des raisons d’espérer, la nature plus forte que tout »  au cours de laquelle Gilles Bœuf a insisté à plusieurs reprises sur l’ineptie qu’est la sous-représentation des femmes dans le débat, notamment écolo. Il a également indiqué qu’il refusait désormais de se rendre aux jurys qui ne comptent aucune présence féminine.

Cette démarche me paraît inspirante. Beaucoup d’hommes dans mon entourage prennent progressivement conscience du gap qu’il y a entre hommes et femmes dans la reconnaissance, l’accès aux conférences, etc… et ne savent pas forcément comment agir.  Je ne peux donc que le remercier pour ce partage de bonne pratique, car c’est avec ce type de conscience et d’action concrète que l’on fait bouger les choses.

Et sinon, une cinquième édition de Climax 2019 sur l’égalité homme / femme, ce serait pas mal non ?

 

Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous laisse avec cette conférence d’Ophélie Véron, alias Antigone XXI :

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