La cabane

Depuis quelques jours, il y a Notre-Dame-des-Landes.
Et puis hier soir, on a visionné le 8ème épisode de Next.

Tout au long de l’élaboration de notre projet, et de manière plus insistante ces derniers jours, se pose la question de l’utilité d’une maison si « dans les clous ».
Aurons-nous le temps de la finir ? Aurons-nous les moyens de mener le projet à terme ? Ne ferions-nous pas mieux de raisonner plus petit, plus simple, plus rapide, et moins onéreux ?

Je regarde ces jolies cabanes de NDDL, et j’y vois de la poésie, de la chaleur, de la créativité.
J’y vois aussi de la liberté de faire, de penser, d’essayer, donc de se tromper aussi.

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Mon cœur balance pas mal en ce moment autour de cette maison.

Nous avons dessiné une maison très rectiligne. Nous envisageons, pour une raison de coût et de durabilité, de placer du bacacier en couverture mais aussi sur façades nord et ouest, peu visibles au quotidien.
D’un point de vue esthétique, c’est aussi un choix qui colle à nos goûts d’urbains. Les finitions existant aujourd’hui permettent de se rapprocher du rendu du zinc, et nous aimons beaucoup le rendu du mix bois / zinc.
Nous ne nous sommes même pas questionnés sur le parement intérieur : ce sera de la terre. Un rendu chaleureux, naturel, visuellement doux.
Cette maison nous ressemble pas mal aujourd’hui je crois. Sous des dehors froids, elle se rêve en foyer.

Mais ça me parait si loin tout ça.

Parfois je me prête à penser que c’est l’objectif nécessaire à la mise en marche d’un projet plus simple, plus accessible.

L’essentiel est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.
Antoine de Saint-Exupéry

Le garage, l’objectif de cet été.
Simple. Accessible. Et évolutif.
Un espace constructible dès aujourd’hui, dans le respect des normes actuelles, qui aurait néanmoins le potentiel d’être transformé et aménagé différemment.

Je pense à cet effondrement qui nous attend. Qui peut être rapide. Qui a commencé, et dont des manifestations plus brutes se feront sentir, sans que nous puissions déterminer vraiment quand ni comment.

La situation de notre écosystème se dégrade de semaine en semaine, de jour en jour.
Rien que dans mon fil d’actualité ces derniers jours à échelle de la France ou de ce qui la concerne : ralentissement significatif du Gulf Stream, printemps silencieux, situation critique des populations d’abeilles et pollinisateurs, extinction massive des espèces, mort de la mer Méditerranée

Mais on vit comment demain là dedans ? On vit comment sans tout ça ?

Ça, on en fait tous partie. On l’oublie, ou alors on en a conscience et on « milite » derrière nos écrans. Aucune révolte à l’horizon malgré une situation écologique, politique et sociale qui va en se dégradant chaque jour.

La vérité sur l’état de notre monde est difficile à encaisser.
Personne n’a envie d’entendre ça.

Pourtant, il faut en parler. C’est une mesure de survie, de sauvegarde. En parler pour créer des scénarii, pour commencer à penser demain, à le construire. Pour se mettre au maximum en cohérence avec cette vision d’avenir, et ainsi devenir plus résilient.
En parler pour exorciser. Pour apprendre de nouveau le sens des communs, celui de l’entraide, l’expérimenter et ainsi sortir des représentations apocalyptiques que les données sur l’état de notre éco-système peuvent engendrer.

Il faut distinguer le réel, et la représentation du réel qui se traduit par des récits de tristesse et d’abattement.
Boris Cyrulnik

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